La cuisine lyonnaise est une cuisine rĂ©gionale française. Au XVIe siècle, Catherine de MĂ©dicis fait venir des cuisiniers florentins Ă  sa cour pour accommoder les produits du terroir français. Cette rĂ©volution fait Ă©voluer la qualitĂ© des produits rĂ©gionaux1 et bĂ©nĂ©ficie Ă  la cuisine lyonnaise, situĂ©e au carrefour de traditions culinaires rĂ©gionales, qui va tirer le meilleur parti des ressources des alentours : Ă©levages de la Bresse et du Charolais, gibier de la Dombes, poissons des lacs savoyards, primeurs de la DrĂ´me, de l'Ardèche et du Forez, vins de Bourgogne, du Beaujolais et de la vallĂ©e du RhĂ´ne.

Au XIXe siècle, les cuisinières de la bourgeoisie, surnommĂ©es les « Mères lyonnaises Â», quittent leur maison pour se mettre Ă  leur compte2 et donnent naissance Ă  des traditions culinaires toujours vivaces. En 1935, le gastronome Curnonsky n'hĂ©site pas Ă  qualifier la ville de Lyon de « capitale mondiale de la gastronomie Â»3. Aujourd'hui la cuisine lyonnaise qui dĂ©fend une image de simplicitĂ© et de qualitĂ©, s'exporte en France comme Ă  l'Ă©tranger. Avec plus de mille lieux, Lyon possède l'une des plus grandes concentrations de restaurants par habitant en France4 : les typiques « bouchons Â» voisinent avec les restaurants gastronomiques tenus par des chefs Ă©toilĂ©s, parmi lesquels le renommĂ© Paul Bocuse.

Sommaire

modifier Histoire

Gargantua et « Les pĂ©lerins mangĂ©s en salade Â», illustration de Gustave DorĂ©, 1873

L'histoire de la cuisine lyonnaise commence dans l'antiquitĂ©, oĂą Lugdunum, capitale des Trois Gaules dĂ©tient le monopole du commerce du vin. L'huile et la saumure sont importĂ©es d'Afrique et de BĂ©tique dans le sud de l'Espagne. Le commerce du vin est mĂŞme attestĂ© bien avant l'arrivĂ©e des colons romains dans la rĂ©gion : l'existence d'un commerce au IIe siècle av. J.-C. est attestĂ© dans la plaine alluviale de Vaise. Des vins italiques de la cĂ´te tyrrhĂ©nienne sont Ă©galement prĂ©sents. Une nouvelle population romaine aux goĂ»ts nettement mĂ©diterranĂ©ens amène, avec la fondation en -43, de nouveaux produits et de nouvelles habitudes : les vins d'Italie cèdent la place aux vins grecs, vins de Rhodes, de Cnide, de Cos, et Ă©galement, le vin de Chios, rĂ©putĂ© pour ĂŞtre le plus cher et le plus luxueux et les vins de Tarraconnaise. Au cours du Ier siècle, la provenance des vins s'Ă©largit (Crète, cĂ´te levantine) mais devient gauloise en plus du vin des provinces africaines qui fait son apparition Ă  la fin du IIe siècle (MaurĂ©tanie cĂ©sarienne et Afrique, l'actuelle Tunisie). On trouve enfin au cours des IVe siècle et Ve siècle, des vins orientaux, notamment des amphores de Gaza5. Un cuisinier de Lugdunum est ainsi connu : Septimanus. Il avait son auberge Ă  l'emplacement de l'actuelle rue Sainte-HĂ©lène : il savait manifestement donner au cochon, le goĂ»t du gibier Ă  poils ou Ă  plumes6.

Ă€ la Renaissance, on distingue la cuisine dite « bourgeoise Â» de la cuisine populaire, qui accommode les abats, alors considĂ©rĂ©s comme « bas morceaux Â», parmi lesquels les « tripes Â» immortalisĂ©es par François Rabelais au dĂ©but de son Gargantua. Gargamelle donne naissance Ă  son fils Gargantua après avoir mangĂ© « grand plantĂ© de tripes Â»7. La première Ă©dition de Pantagruel, publiĂ©e Ă  Lyon en 1532 avant Gargantua, est inspirĂ©e des aventures Ă  caractère comique qu'il raconte aux malades de l'HĂ´tel-Dieu de Notre-Dame de la PitiĂ© du Pont-du-RhĂ´ne Ă  Lyon oĂą il est mĂ©decin, inspirĂ©, dit-on, du comportement des Lyonnais. Il Ă©voque encore la cuisine lyonnaise en citant une liste de plats : « saucissons, cervelas, jambons, andouilles, hures de sangliers, gigots Ă  l'aillade, fressures, fricandeaux, gras chapons au blanc mangier, hochepots, carbonades, cabirotades, hastereaux, gibiers Ă  poil et Ă  plumes, esclanches (gigot farci), carpes farcies, lavarets, recuites (fromages aromatisĂ©s avec des feuilles de pĂŞcher), craquelins et macarons (pâtisseries sèches), pâtes de fruit, bugnes, etc»8. Érasme (1469-1536), l'humaniste de la Renaissance, loue les cuisiniers de la ville : « On n'est pas mieux traitĂ© chez soi qu'on ne l'est Ă  Lyon dans une hĂ´tellerie. La mère de famille arrive d'abord pour vous saluer, nous priant d'ĂŞtre de bonne humeur et d'agrĂ©er de qu'on vous servira. La table est en vĂ©ritĂ© somptueuse Â»9. La ville possède des quartiers spĂ©cialisĂ©s dans le traitement de certaines denrĂ©es comme en tĂ©moignent, encore aujourd'hui, des noms de lieu : rue de la Fromagerie10, rue de la Poulaillerie11, rue Mercière12, etc. La tradition culinaire italienne arrive au dĂ©but du XVIIe siècle quand, en 1600, le mariage du roi Henri IV avec l'Italienne Marie de MĂ©dicis est cĂ©lĂ©brĂ© Ă  Lyon : la nouvelle reine de France apporte « entre autres, l'artichaut que les Lyonnais ont mariĂ© avec le foie gras Â» 13.

C'est au XVIIIe siècle que les glaces sont introduites Ă  Lyon par l'Italien Spreafico14, au moment oĂą la rĂ©putation culinaire de Lyon nait vĂ©ritablement avec la publication d'un poème de Joseph de Berchoux. Ce Roannais, nĂ© en 1760, est installĂ© Ă  Lyon vers 1770. Son Ĺ“uvre, Gastronomie ou l'homme des champs Ă  table, traduite en plusieurs langues, introduit l'idĂ©e du « bien manger Â» Ă  la française et rend le universel le terme de gastronomie. Il prĂ©cède Brillat-Savarin15 et Grimod de la Reynière16 qui vont perpĂ©tuer cet Ă©loge de l'art de bien manger, cet art propre Ă  l'individualisme bourgeois, caractĂ©ristique de la sociĂ©tĂ© française du XIXe siècle. Berchoux place la ville au centre de la gastronomie française :

« Voulez-vous rĂ©ussir dans l'art de que je professe ?
Ayez un bon château dans l'Auvergne ou la Bresse,
Ou plutôt près de lieux où Lyon voit passer
Deux fleuves amoureux tout prĂŞts Ă  s'embrasser ;
Vous vous procurerez sous ce ciel favorable
Tout ce qui peut servir aux douceurs de la table. Â»

Le livre de Amable Leroy, La cuisinière bourgeoise, publiĂ© en 1783, invente et immortalise les recettes qui vont faire le succès de la cuisine lyonnaise17. Dans les dernières annĂ©es du XVIIIe siècle, les premiers restaurants, au sens moderne du terme, apparaissent. il y a ainsi le « DĂ©duit Â», situĂ© sur le haut de la rue Romarin, connu pour sa tĂŞte de veau, dite « Ă  la DĂ©duit Â»18. C'est Ă©galement Ă  cette mĂŞme pĂ©riode que les Mères lyonnaises apparaissent. Elles Ă©vincent maĂ®tres-queux et « chairs-cuitiers Â» (charcutiers). La première Ă  ouvrir un Ă©tablissement est la la Mère Brigousse en 1759. Elle devient cĂ©lèbre avec sa façon de prĂ©parer le brochet19.

En 1816, le poète Joanny Carmouche, membre de la SociĂ©tĂ© Ă©picurienne de Lyon qui rĂ©unit les fins gourmets, laisse ces vers20 :

« Les desserts se mangent,
Les couverts se rangent,
Les femmes s'arrangent...
Au quai, l'on arrive,
Un marmot s'esquive
(sans payer le pont !)
Très loin de Rivière,
La classe ouvrière
RĂ´tir des poulets...
Mais chacun demande :
Quelle est cette bande
Que Bacchus commande ?
- Ce sont des vauriens,
Fuyant la rivière,
Qui, là, chez Rivière,
Tous les mois vont faire
Les Épicuriens. Â»

Stendhal, de passage Ă  Lyon en 1837, Ă©voque la cuisine lyonnaise21 :

« Je ne connais qu'une chose que l'on fasse très bien Ă  Lyon, on y mange admirablement, et, selon moi, mieux qu'Ă  Paris. Les lĂ©gumes surtout y sont divinement apprĂŞtĂ©s. Ă€ Londres, j'ai appris que l'on cultive vingt-deux espèces de pommes de terre ; Ă  Lyon, j'ai vu vingt-deux manières diffĂ©rentes de les apprĂŞter, et douze au moins de ces manières sont inconnues Ă  Paris Â»

Les Mères lyonnaises deviennent si cĂ©lèbres que le gastronome Maurice Edmond Sailland, alias Curnonsky, qui vient passer plusieurs semaines chaque hiver Ă  Lyon dĂ©clare, en 1934 depuis le restaurant Vettard, « Lyon, capitale de la gastronomie Â». Cette dĂ©claration intervient pendant les journĂ©es de la cuisine lyonnaise, auxquels participent gens de plumes et gastronomes et l'idĂ©e se rĂ©pand et devient rapidement une des composantes de l'image que les Lyonnais vont donner Ă  leur ville. Ce gastronome appuie son raisonnement sur plusieurs points : dans ses valeurs, la cuisine lyonnaise reflète les valeurs de la sociĂ©tĂ© locale et notamment sa simplicitĂ©, ce qui apparait encore dans le discours de Paul Bocuse, son honnĂŞtetĂ©, dans le respect du goĂ»t des aliments : « C'est cette probitĂ©, ce goĂ»t de la mesure, que j'aime Ă  retrouver dans l'honnĂŞte et saine cuisine lyonnaise Â»22. Bernard Poche, dans son ouvrage Lyon, tel qu'il s'Ă©crit ? Romanciers et essayistes lyonnais 1860-1940 conclut sur le fait que le bien manger touche toutes les couches de la population de la ville : au XIXe siècle, la marionnette Guignol, le cĂ©lèbre canut, conclut souvent ses pièces par la perspective d'un « fricot chenu  Â», un bon repas, tandis que les romans valorisent ou se moquent de la gourmandise lĂ©gendaire du bourgeois lyonnais.

La Tour Rose bar-café de Philippe Chavent, inspiré par le nom du monument du même nom dans dans le Vieux-Lyon

Devenue chasse gardée des Mères lyonnaises, la tradition culinaire s'est de nouveau transmise aux hommes. Fernand Point, pionnier de la gastronomie française, est le premier chef à obtenir Trois étoiles au Guide Michelin en 1933 pour son restaurant La Pyramide à Vienne. La même année, Eugénie Brazier (1895-1977) devient célèbre quand ses deux restaurants du 12 de la rue Royale à Lyon et du col de la Luère à Pollionnay obtiennent trois étoiles au Guide Michelin jusqu'en 1968. Elle a Paul Bocuse comme apprenti qui obtient également trois étoiles dès 1965. Toujours tri-étoilé à ce jour, le célèbre cuisinier est élu cuisinier du siècle par Gault-Millau en 1989. Alain Chapel obtient trois étoiles pour son restaurant à Mionnay dans l'Ain de 1973 à 1990, année de son décès23.

Aujourd'hui, la cuisine lyonnaise est toujours vivante chez les incontournables Pierre Orsi (une étoile) à Lyon, Christian Têtedoie (une étoile), Alain Alexanian héritier de la Mère Castaing, chef de L’Alexandrin (une étoile), Mathieu Viannay (une étoile) à Lyon, le Jean Brouilly (une étoile) à Tarare et Guy Lassausaie (une étoile) à Chasselay.

Au tournant du siècle, la cuisine perd deux tĂŞtes cĂ©lèbres. Philippe Chavent, ancien chef de la Tour Rose, pose sa toque. Jean-Paul Lacombe, chef du restaurant LĂ©on de Lyon renonce Ă  ses deux Ă©toiles en 2008 pour se recentrer sur une cuisine de bistrot. La cuisine lyonnaise s'illustre dĂ©sormais avec les Ă©toiles montantes de la gastronomie : Philippe Gauvreau, chef du restaurant La Rotonde (deux Ă©toiles depuis 2002) Ă  Charbonnières-les-Bains, Jean-Christophe Ansanay-Alex24, chef de l'Auberge de l'Ile (deux Ă©toiles). Le chef Nicolas Le Bec, dont le restaurant de la rue GrolĂ©e Ă  Lyon a gagnĂ© deux Ă©toiles en 2004 et 2007, dĂ©cide de partir pour poursuivre son aventure Ă  Paris en 200825. Enfin, il faut mentionner les chefs rhĂ´nalpins Anne-Sophie Pic (Ă  Valence), Marc Veyrat (Ă  Veyrier-du-Lac en Haute-Savoie), Georges Blanc (Ă  Vonnas dans l’Ain) et Troisgros (Ă  Roanne).

modifier Terroirs et influences

La châtaigne, ou marron, est une spécialité ardéchoise qui rentre dans la composition d'un plat de Noël, la dinde aux marrons

La cuisine lyonnaise se situe au carrefour de deux courants d'influences majeurs : celui du Sud, provençal et mĂ©diterranĂ©en ; celui du Nord, lorrain et alsacien. Chaque cuisine apporte ses caractĂ©ristiques : beurre et crème du Nord26, primeurs et huile d'olive du Sud. De plus, Lyon est, au dĂ©but de la Renaissance, un des centres europĂ©ens du commerce des Ă©pices importĂ©s d'Orient par les nĂ©gociants italiens27.

On peut distinguer plusieurs terroirs autour de Lyon qui apportent le meilleur de leur-savoir-faire. Au Nord-Est, la Bresse fournit les volailles, dont l'appellation d'origine contrĂ´lĂ©e date de 1957 28 et gaudes, graines de maĂŻs dont on fait une soupe, la soupe de farine jaune, alors que le Bugey voisin, outre son vin, apporte ses Ă©crevisses. PĂ©chĂ©es dans le lac de Nantua, elles servent de base Ă  une sauce qui accompagne les quenelles, la sauce Nantua. La Dombes est un ensemble gĂ©ographique qui compte plus de mille Ă©tangs. CreusĂ©s par les moines au Moyen Ă‚ge, ils servent Ă  la pisciculture : brochet, tanche, sandre, carpe, grenouille. Au Nord, le Charolais fournit la viande de bĹ“uf, tandis que la SaĂ´ne dĂ©livre sa friture. Et au-delĂ , le Beaujolais, dont le vignoble inspire LĂ©on Daudet dans sa maxime qui Ă©voque que Lyon, possède trois fleuves : Le RhĂ´ne, la SaĂ´ne... et le Beaujolais.

Ă€ l'Ouest, les Monts du Lyonnais dĂ©livrent cochonnaille lyonnaise et produits de la ferme : saucisson cru ou Ă  cuire, pieds de cochon, rosette et jĂ©sus, couenne, jambon, filet mignon, terrines et pâtĂ©s de campagne, grattons, fromages ou rigottes : rigotte de PĂ©lussin, de Condrieu, ou, plus gĂ©nĂ©ralement, petits fromages fermiers au lait de vache ou de chèvre. Dans les marchĂ©s lyonnais, il est frĂ©quent de rencontrer les producteurs venus de cette rĂ©gion, dont l'activitĂ© principale est le maraĂ®chage. Le village de Thurins revendique, par exemple, le titre de capitale de la framboise29.

Le sud de la région apporte les fruits, les légumes et les vins de la vallée du Rhône. L'Ardèche développe la culture des marrons30, tandis que le Dauphiné est connu pour sa cochonnaille et ses fromages comme le Saint-félicien ou le Saint-marcellin.

modifier Traditions

modifier Les bouchons

Un bouchon
Un bouchon

Le bouchon est un restaurant typique oĂą l'on mange des spĂ©cialitĂ©s, dont le tablier de sapeur, les quenelles, la salade lyonnaise et la cervelle de canut. Le tout est gĂ©nĂ©ralement arrosĂ© d’un verre de Beaujolais ou de CĂ´tes du RhĂ´ne. CitĂ© par de nombreux auteurs, ce lieu traditionnel se doit d'ĂŞtre simple et convivial. Mentionnons FĂ©lix Benoit :

« Dans ces bouchons, s'Ă©panouit une ambiance qui ne souffre pas l'exportation, et dont la fortune fugace procède de critères impondĂ©rables qui tiennent Ă  la fois de la qualitĂ© du vin servi au comptoir, de la tĂŞte du patron, et des pieds de cochon prĂ©sentĂ©s sur la table !31 Â»

Rappelons Ă©galement Jean-Marie Fonteneau : « Le vrai « bouchon Â» se doit d'entretenir une tradition sincère de la cuisine lyonnaise, basĂ©e sur l'authenticitĂ© des produits, mais il doit aussi ĂŞtre un foyer d'accueil chaleureux dans la joie et la bonne humeur Â»32.

Contrairement Ă  ce que l'on entend, l'appellation « bouchon Â» ne viendrait pas du fait qu'on y « bouchonnait Â» (frotter avec un bouchon de paille) les chevaux des clients33. Ce nom viendrait plutĂ´t de l’habitude qu’avaient autrefois les cabaretiers de signaler leur Ă©tablissement par une botte de rameaux ou de branchages accrochĂ©e Ă  leur porte34. Nizier du Puitspelu confirme cette hypothèse dans son LittrĂ© de la Grand'CĂ´te. Il dĂ©finit le mot bouchon comme Ă©tant « 1. (des) branches de pin, formant autant que possible la boule, et qu'on suspend, en guise d'enseigne Ă  la porte des cabarets (...). Dimin. de bousche, en vieux franç. faisceau de branchage. 2. Le cabaret lui-mĂŞme. - Par mĂ©tonymie : de la chose pour le signe de la chose. (...)»

Depuis 1997, l'Association de dĂ©fense des bouchons lyonnais dĂ©cerne un label nommĂ© « Authentiques bouchons lyonnais Â», afin d'identifier les Ă©tablissements considĂ©rĂ©s parmi les plus typiques et les plus anciens35. Les dĂ©tenteurs du label se distinguent par un autocollant reprĂ©sentant Gnafron, un verre de vin Ă  la main, symbole lyonnais du plaisir de la table, et une nappe Ă  carreaux. Ils sont actuellement une vingtaine de restaurants Ă  possĂ©der cette griffe emblĂ©matique36.

modifier Les Mères

La façade du restaurant de la Mère Brazier, rue Royale

Les « Mères Â» lyonnaises dĂ©signent les cuisinières qui sont Ă  l'origine de la rĂ©putation gastronomique de Lyon. Leur histoire se mĂŞle Ă  celle de la ville et produit un mĂ©lange entre cuisine bourgeoise et populaire : ces femmes sont au dĂ©part les cuisinières de grandes familles bourgeoises de Lyon dont certaines dĂ©cident de se mettre Ă  leur compte dès le milieu du XVIIIe siècle. D'autres sont renvoyĂ©es après la crise Ă©conomique de 192937. Elles offrent une cuisine simple mais raffinĂ©e et tiennent des tables oĂą se mĂŞlent plaisir culinaire et convivialitĂ©.

La première mention d'une mère date de 1759 avec la « Mère Guy Â», une guinguette des bords du RhĂ´ne dont la spĂ©cialitĂ© est une matelote d’anguilles. Un siècle plus tard, sa petite-fille surnommĂ©e « la GĂ©nie Â», est identifiĂ©e comme la « mère Guy Â». Le tandem qu'elle forme avec sa sĹ“ur reprend les recettes de l'aĂŻeule et la fameuse matelote d’anguilles. Ă€ la mĂŞme Ă©poque, la « Mère Brigousse Â» obtient un certain succès dans le quartier des Charpennes avec ses « tĂ©tons de VĂ©nus Â», de grosses quenelles en forme de sein, met prĂ©fĂ©rĂ© des jeunes gens venus enterrer leur vie de garçon38. Au XIXe siècle, les Mères lyonnaises tiennent tables ouvertes pour les compagnons du tour de France 39. Dès 1921, La Mère Bourgeois officie Ă  Priay dans l'Ain tandis que la Mère Brazier devient la plus cĂ©lèbre car elle est la première femme Ă  obtenir trois Ă©toiles au Guide Michelin en 1933, pour son restaurant ouvert rue Royale depuis 192140. Plus tard, avec ses deux restaurants, elle totalisera six Ă©toiles. Des personnalitĂ©s de renom goĂ»tent Ă  sa cuisine dont le GĂ©nĂ©ral de Gaulle et Édouard Herriot. Un des ses apprentis les plus connus Ă  l’heure actuelle est Paul Bocuse.

Parmi les plus connues, il faut citer la Mère Vittet dont le cĂ©lèbre restaurant voisine avec la Brasserie Georges, Ă  proximitĂ© de la gare de Perrache. La Mère LĂ©a tenait le restaurant « la VoĂ»te Â», place Antonin Gourju Ă  Lyon. Elle Ă©tait connue pour son tablier de sapeur et son gratin de macaronis41. CĂ©lèbre pour son franc parler, ses « coups de gueule Â», la Mère LĂ©a allait au marchĂ© saint Antoine avec un caddie sur lequel elle avait placĂ© une pancarte avec les mots « Attention ! Faible femme, mais forte gueule Â»42. La Mère Castaing, du Beau-Rivage Ă  Condrieu influencera Alain Alexanian, chef du restaurant L’Alexandrin43. Citons encore la Mère Fillioux qui a Ă©tĂ© la patronne de la Mère Brazier, la Mère Allard, la Mère Pompom, la Grande Marcelle, la Mère Roucou, la Tante Alice et enfin la Tante Paulette.

modifier Repas et noms de plats

Potiron (Cucurbita maxima) ou « courle Â» dans le parler lyonnais

Le mâchon, repas traditionnel du matin, est servi dans les bouchons. On peut y trouver la « cochonnaille lyonnaise Â», les plats Ă  base de porc comme le lard chaud, les grattons, le paquet de couenne (appelĂ© ironiquement « pigeons ficelĂ©s Â»), le JĂ©sus et la rosette, les rillettes et pâtĂ©s de campagne. Le tout est arrosĂ© d'un verre de vin rouge. Quant au repas de NoĂ«l, on peut y dĂ©guster le chapon ou volaille de Bresse aux morilles et aux marrons, le gratin de cardons et la bĂ»che aux marrons d'Ardèche et les papillotes. Le dĂ®ner classique du 11 novembre chez la Mère Brazier comportait boudins, saucisses grillĂ©es, garnis de « pommes fruits Â» sautĂ©s, rĂ´ti de porc aux marrons, babas et glace Ă  la vanille44.

Les plats portent parfois des noms issu du parler lyonnais comme les « clapotons Â» (pieds de mouton, comme dans l'exemple « une salade de clapotons avè de transons de fèges Â», avec des tranches de foie)45, la « courge Â» ou la « courle46 Â» pour parler du potiron, les « barabans Â» pour parler des pissenlits (Tarxacum dens leonis, dit baraban, de barbanum, de barba probablement Ă  cause de ses tĂŞtes Ă  aigrettes poilues)47, les « goifons Â» pour parler du goujon, le « poureau Â» (Ă©crit poreu en francoprovençal, et prononcĂ© en lyonnais [puro]) qui signifie poireau, la « pourette Â» au lieu de la ciboule, le « cayon Â» est un mot directement issu du francoprovençal, et qui signifie le porc, les « hauts-goĂ»ts Â» au lieu des plantes aromatiques et les condiments parfumĂ©s, etc. Le « pompier Â» dĂ©signe un mĂ©lange de vin, de sirop de groseille et d'eau de Seltz. L'origine purement lyonnaise est cependant mise en doute car le terme existe Ă©galement Ă  Paris48. Quant aux pommes de terre, on les appelle « truffes Â», comme le prĂ©cise Nizier du Puitspelu, dans son LittrĂ© de la Grand'CĂ´te publiĂ© en 1894 : il mentionne les « truffes en barboton Â» 49 qui dĂ©signent les pommes de terre cuites Ă  l'Ă©tuvĂ©e, recette reprise sous le titre de « barbotons de pommes Â» de terre dans d'autres manuels de cuisine50.

modifier Les maximes lyonnaises et autres expressions

La plaisante sagesse lyonnaise de Catherin Bugnard relate des expression comme :

  • Au travail, on fait ce qu'on peut, mais, Ă  table, on se force
  • Vaut mieux prendre chaud en mangeant que froid en travaillant

Citons encore FĂ©lix Benoit :

  • Pour que le vin fasse du bien aux femmes, faut que ce soyent les hommes qui le boivent51.

Et pour finir, Nizier du Puitspelu :

  • « Se taper le fusil Â» ou « se bourrer le fusil Â» : manger fortement comme dans l'exemple « Je nous sons (me suis) tapĂ© le fusil Ă  en faire partir la culasse Â».
  • « ĂŠtre plein jusqu'Ă  la troisième capucine Â» : ĂŞtre complètement ivre. Par extension, se dit de quelqu'un qui a trop mangĂ©. MĂŞme sens que « se taper le fusil Â»
  • « Vin Ă  porte-pot Â» : se lit souvent sur une enseigne. Se dit du vin Ă  emporter plutĂ´t qu'Ă  consommer sur place.
  • « Manger Ă  la gogossel Â» : manger sans d'autre assaisonnement que le sel.
  • « ĂŠtre coufle Â» : ĂŞtre plein, avoir trop mangĂ©, comme dans l'exemple : Un mari s'adresse Ă  sa femme après le dĂ®ner « T'esses (Tu es) fatiguĂ©e des flageĂ´les ? - Non, mais je suis coufle Â»

modifier Lieux d'hier et d'aujourd'hui

L'ancienne Brasserie du Parc
Terrasses des restaurants, rue Mercière dans la presqu'île de Lyon

Rares sont les restaurants, auparavant tenus par les cĂ©lèbres Mères, qui ont survĂ©cu Ă  la disparition de leur cuisinière. On peut citer, pour Lyon, la Mère LĂ©a, la Mère Vittet et la Mère Brazier. De très nombreuses brasseries et cafĂ©s, alors rĂ©putĂ©s, ont Ă©galement disparu du paysage : la brasserie du Parc, le CafĂ© Riche, le restaurant Vettard, le restaurant Savoie (rue de la RĂ©publique)...Restent quelques survivants comme la Brasserie Georges, installĂ©e sur le cours de Verdun depuis 183652 et le Grand cafĂ© des nĂ©gociants, installĂ© aux Cordeliers, Ă  l'angle des rues Édouard Herriot et Grenette depuis 186453. Au restaurant Le Morateur, aujourd'hui disparu, se tenaient les assises du Club Brillat-Savarin. Ce restaurant Ă©tait connu pour son « pâtĂ© de saumon sauce Bacchus Â» et ses quenelles. Il a Ă©tĂ© créé en 1830 par Charles Morateur Ă  Lyon au 12 de la rue Gentil5455.

Aujourd'hui Ă  Lyon, certains quartiers sont animĂ©s par de nombreux restaurants : rue Mercière, rue des Marronniers, rue Saint-Jean, rue Royale. Ces ensembles possèdent parfois leur spĂ©cificitĂ©s : friture et poissons de rivière Ă  Saint-Rambert-l'ĂŽle-Barbe, plats typiquement locaux Ă  Saint-Jean, cuisine de comptoir rue de la Bourse Ă  proximitĂ© des anciennes Halles.

modifier La gastronomie dans l'économie régionale

modifier Approvisionnement

Le « marchĂ© de gros Â», devenu par dĂ©cret de 1966, marchĂ© d'intĂ©rĂŞt national, ou MIN, sert de plateforme d'acheminement et de livraison d'une partie des produits consommĂ©s dans la rĂ©gion. Ce dĂ©cret fixe Ă©galement une aire gĂ©ographique desservie par le MIN, aire qui ne correspond pas Ă  l'aire communautaire, crĂ©ee en 1969. Devant la saturation du site historique de Perrache et l'obsolescence du pĂ©rimètre concernĂ©, le Grand Lyon s'est engagĂ© pour le dĂ©mĂ©nagement du MIN sur la commune de Corbas, au sud de l'agglomĂ©ration56. Ce site bĂ©nĂ©ficie d'une desserte en transports satisfaisante. Il remplacera intĂ©gralement le site de Perrache dès 2009, ce qui libèrera une grande rĂ©serve foncière pour le dĂ©veloppement du quartier de Lyon-Confluence.

Il existe de nombreux marchĂ©s de plein air ou installĂ©s dans des halles spĂ©cialement construites. Le lieu le plus connu est les nouvelles Halles de Lyon-Paul Bocuse. Historiquement implantĂ©es dans le quartier des Cordeliers dans le centre de Lyon, les halles Ă©taient appelĂ©es le « ventre de Lyon Â», Ă  l'instar du quartier des Halles Ă  Paris. DĂ©placĂ©es dans le nouveau quartier de la Part-Dieu en 1971, elle perpĂ©tuent la tradition d'une vente de produits de grande qualitĂ©.

La seule ville de Lyon possède plus de quarante marchés57 et celle de Villeurbanne, une petite dizaine. Il faut ainsi citer pour Lyon le marché Saint-Antoine, où s'approvisionnent certains restaurateurs (notamment Paul Bocuse), le marché de la Croix-Rousse et le marché du quai Augagneur. À Villeurbanne, citons le très animé marché de la place Grandclément et le marché de la place Wilson.

modifier Les professionnels

La formation des futurs chefs est notamment assurée à l'École des arts culinaires et de l'hôtellerie, également appelée Institut Paul Bocuse58. En 2008, cet institut crée un Centre de recherche qui travaillera sur les comportements alimentaires et leurs relations au goût, à la santé et à l’économie. Ce cursus permet d'obtenir un doctorat. L'institut Vatel est spécialisé dans le management hôtelier et possède de nombreuses filières de formation59.

Le Salon des mĂ©tiers de bouche, devenu le SIRHA (Salon international de la restauration, de l'hĂ´tellerie et de l'alimentation) rĂ©unit les professionnels de la gastronomie sur le site d'Eurexpo. Durant l'Ă©dition 2007, plus de 1900 exposants et 160 000 visiteurs ont parcouru les allĂ©es du salon60. Le concours mondial de la cuisine y dĂ©cerne les « Bocuse d'Or Â» depuis 1987. L'Ă©dition du concours mondial de cuisine innove pour l'annĂ©e 2008 avec la crĂ©ation de deux concours : les « Bocuse d'Or Asie Â» qui se tiendront Ă  Shanghai en Chine en mai61 et les « Bocuse d'or Europe Â» qui auront lieu Ă  Stavanger en Norvège en juillet62. Lyon a accueilli le 55e congrès national de l'UMIH (Union des mĂ©tiers et des industries de l'hĂ´tellerie) du 20 au 22 novembre 2007 Ă  la citĂ© internationale de Lyon. Ce congrès, le plus important de la profession, a rĂ©uni plus de mille invitĂ©s reprĂ©sentant plus de quatre-vingt-mille entreprises pour discuter du devenir de la profession63.

Rhône-Alpes est la quatrième région française en terme d'emplois salariés dans l'industrie agroalimentaire64. La gastronomie lyonnaise est connue pour ses rosettes et jésus, saucissons de porc et s'exporte en France comme à l'étranger grâce aux entreprises Roger de Lyon, Charcuterie Anselme ou France salaisons. GBS et Laurencin exportent, quant à eux, les quenelles, spécialité de la région.

modifier Les spécialités culinaires

modifier Apéritif

L'apĂ©ritif dĂ©bute par un kir, de la crème de cassis bourguignonne dĂ©layĂ©e dans du vin blanc, un communard, de la crème de cassis dĂ©layĂ©e dans du vin rouge, ou un « pompier Â», mĂ©lange de vin, de sirop de groseille et d'eau de Seltz65. Pour accompagner cette boisson, on dĂ©guste des grattons, rĂ©sidus grillĂ©s de graisse et de viande de porc, servis chauds ou froid.

modifier Entrées

Des saucissons
Des pommes de terre, ou « truffes Â» dans le parler lyonnais

Les entrĂ©es font la part belle aux spĂ©cialitĂ©s Ă  base de porc. La cochonnaille lyonnaise est ici, comme pour les plats principaux, très prĂ©sente comme la « rosette de Lyon Â», saucisson de viande de porc noble. Le cadre de sa fabrication dĂ©passe la rĂ©gion lyonnaise. La vĂ©ritable rosette de Lyon est embossĂ©e (opĂ©ration qui consiste Ă  remplir de viande les boyaux naturels de porcs ou de moutons) dans un boyau spĂ©cial mis en filet puis sĂ©chĂ©e durant une pĂ©riode de deux Ă  trois mois. Elle doit ĂŞtre conservĂ©e Ă  l’air ambiant sans tempĂ©ratures excessives. Originaire du Beaujolais, la rosette doit son nom au boyau de porc dans lequel elle est embossĂ©e : le fuseau, c'est Ă  dire l'intestin se terminant par l'anus appelĂ© rosette, compte tenu de sa couleur66. Le « JĂ©sus de Lyon Â» est le « cousin Â» de la rosette de Lyon. C'est un saucisson de grand diamètre, 10 cm. Il pèse environ 400 g et est rĂ©alisĂ© Ă  partir de viandes nobles triĂ©es et parĂ©es avec soin ; il fait l’objet d’une phase de maturation et d’affinage particulièrement importante pour la qualitĂ© gustative du produit fini. La matière première entrant dans la composition du produit est exclusivement de la viande et du gras dur de porc. Le JĂ©sus de Lyon, pour ĂŞtre bien maintenu, est mis sous un filet qui donne une empreinte spĂ©cifique et une forme particulière de poire67. Il doit sĂ©cher de longues semaines avant d’être vendu. On peut encore dĂ©guster un saucisson cru, ou Ă  cuire. TruffĂ© et pistachĂ© le saucisson est bouilli avec des pommes de terre. Le saucisson briochĂ© est un saucisson Ă  cuire placĂ© dans une pâte Ă  brioche et cuit au four. Il se dĂ©guste sans accompagnement, coupĂ© en tranches.

Outre la cochonnaille, on peut dĂ©guster, la salade lyonnaise, ou le saladier lyonnais, salade verte agrĂ©mentĂ©e de croutons de pains, d'Ĺ“ufs pochĂ©s, et de petits lardons frits. Le tablier de sapeur est une prĂ©paration de fraise de bĹ“uf, marinĂ©e et panĂ©e. Les gougères, d'origine jurasienne, sont des petits choux au fromage. La soupe Ă  l'oignon gratinĂ©e se consomme en entrĂ©e ou seule, au souper. Terminons par le « gâteau Â» de foies de volaille, soufflĂ© au foie, tĂ©moin de cette cuisine populaire Ă  base d'abats.

modifier Plats principaux

La truffe qui parfume le poulet Célestine

Les plats principaux peuvent être classés selon les produits qu'ils utilisent.

La volaille s'exprime dans la « poularde demi-deuil Â», la recette créée par la Mère Filloux, formatrice de la Mère Brazier. Des morceaux de truffe sont incrustĂ©s sous la peau de la poularde avant de la faire cuire Ă  l'Ă©touffĂ©e. Elle est accompagnĂ©e de lĂ©gumes nouveaux (poireaux, carottes et navets) bouillis. La sauce peut ĂŞtre Ă  base de jus de truffes, prĂ©parĂ© en mouillant les sucs de cuisson. Le « poulet CĂ©lestine Â» est un poulet sautĂ© avec des champignons et des tomates, flambĂ© au cognac et au vin blanc, et assaisonnĂ© Ă  l'ail et au persil. En 1860, Rousselot, le chef « saucier Â» du Restaurant du Cercle, rue de Bourbon Ă  Lyon, est amoureux de sa patronne, une jeune veuve, nommĂ©e CĂ©lestine Blanchard, une cĂ©lèbre Mère lyonnaise. En son honneur, il imagine une recette qu'il nomme le Poulet CĂ©lestine. On raconte que, sĂ©duite, elle finit par lui accorder sa main68. Enfin, on peut citer le poulet au morilles ou aux Ă©crevisses, plats typiquement bressans.

La cochonnaille est aussi prĂ©sente que dans les entrĂ©es. On la retrouve dans le boudin aux pommes, du boudin noir (de sang) accompagnĂ© de pommes lĂ©gèrement compotĂ©es. L'andouillette est une sorte de hachĂ© de fraise de porc dans un boyau de panse. Elle peut ĂŞtre beaujolaise (coupĂ©e en morceaux et cuite dans le vin), Ă  la moutarde de Dijon, Ă  la provençale (tomates et persil), etc. Le sabodet est un genre de saucisson créé par un charcutier de Saint-Jean-d'Ardières dans le Beaujolais69. C'est un saucisson Ă  cuire Ă  base de tĂŞte de porc entière hachĂ©e, entre autres, les oreilles et le museau70. Les « tripes Ă  la lyonnaise Â» sont cuites avec une fricassĂ©e d'oignons, assaisonnĂ©es Ă  l'aĂŻl et les « pigeons ficelĂ©s Â» dĂ©signent, par ironie, le paquet de couenne, et Ă©galement mais sans rapport, si ce n'est la forme, le nĹ“ud papillon. Le paquet est attachĂ© par une ficelle et vendu par les charcutiers Ă  très bas prix71. Le « petit salĂ© Â» aux lentilles du Puy est un ragoĂ»t de jarret de porc aux lentilles.

Les écrevisses, base de la sauce Nantua

Le poisson d'eau douce est Ă  l'honneur avec les quenelles de brochet sauce Nantua, boudin de semoule ou farine de blĂ©, soufflĂ© au four, accompagnĂ© d'une sauce aux Ă©crevisses. Un ordre de la quenelle, fondĂ© Ă  Lyon, a dĂ©crĂ©tĂ© qu'une quenelle de brochet, pour mĂ©riter son titre, devait comporter au moins 25 % de chair de brochet72. Le mot « quenelle Â», attestĂ© en langue française depuis 175073, tirerait son origine de l'allemand Knödel qui signifie « boule de pâte Â»74. Les Ă©crevisses rentrent Ă©galement dans la recette de gratin de queues d'Ă©crevisses75. Enfin, on peut dĂ©couvrir les cuisses de grenouilles de la Dombes, revenues dans le beurre et assaisonnĂ©es d'ail et de persil, ou la friture de la SaĂ´ne.

Le cardon, met traditionnel du repas de Noël

Au rang des inclassables, on peut mentionner le foie de veau Ă  la lyonnaise. Enduit de farine, la tranche de foie est cuite puis mouillĂ©e au vin et au vinaigre qui donne une sauce liĂ©e au beurre. L'entrecĂ´te, quant Ă  elle, peut ĂŞtre parfumĂ©e Ă  une sauce au Saint-marcellin. Pour finir la liste des particularismes, citons l'« omelette sourde Â» : une omelette traditionnelle dans laquelle on a incorporĂ© de la farine. L'omelette « simple Â» doit ĂŞtre baveuse : « elle doit laisser Ă©chapper de ses flancs meurtris par la cuiller une substance semi-fluide, semi-pâteuse, constituĂ©e par une partie des Ĺ“ufs battus, incomplètement coagulĂ©s. Le reste a Ă©tĂ© durci par le four et constitue le corps de l'omelette Â»76.

En accompagnement, on trouve le célèbre gratin dauphinois, aujourd'hui sur toutes les tables de France. Mais comme le dit Stendhal, il existe bien d'autre manières d'accommoder les pommes de terre, notamment sous forme de crique, galette de pommes de terre frite ou sous forme de pommes dauphines, pommes de terre découpées en forme de dés et cuites dans la graisse. Les autres légumes ne sont pas en reste. Outre les tomates provençales assaisonnées d'aïl et de persil, il faut citer le gratin de cardons77. Ce légume figure notamment au menu du repas de Noël car le cardon, dont l'espèce reine est celle de Vaulx-en-Velin78, est cultivé en hiver. Le cardon peut être également dégusté cuit avec un roux et parfumé à l'os à moelle.

modifier Fromages

Le plateau de fromage lyonnais se compose du Saint-marcellin, fromage à pâte molle et à croûte fleurie, spécialité notamment dauphinoise, le Saint-félicien, fromage à pâte molle et à croûte fleurie du sud de Lyon, la rigotte, fromage au lait de chèvre (rigotte de Condrieu et rigotte de Pélussin), l'arôme de Lyon, la fourme de Montbrison et la tomme du Beaujolais.

Parmi les fromages disparus, citons la galette des Monts-d'Or dont la recette s'est perdue après le dĂ©cès du dernier producteur, qui possĂ©dait le secret de fabrication79 et le « fromage de Marolles Â», fromage carrĂ© d'environ dix centimètres de cĂ´tĂ© que l'on mangeait Ă  la Croix-Rousse. Il semblerait qu'il n'ait pas rapport avec le fromage consommĂ© dans le nord de la France sous le nom de Maroilles dans l'arrondissement d'Avesnes80.

La cervelle de canut, ou claqueret, ou encore sarasson dans la région stéphanoise, n'est pas à proprement parler un fromage, mais une spécialité à base de fromage blanc frais battu qu'on assaisonne avec du sel, du poivre, de la ciboulette, de l'ail, des échalotes, du vinaigre et de l'huile81. On peut également ajouter un petit fromage blanc de chèvre à la préparation. Elle tire son nom des canuts, ouvriers du tissage de la soie à Lyon. On la sert par exemple en accompagnement de charcuterie et de pommes de terre chaudes, mais elle peut aussi se manger directement à la cuiller, sans accompagnement à la fin du repas.

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modifier Desserts et friandises

Les boulangeries proposent la pogne, brioche Ă  la praline originaire de la ville de Romans, dans la DrĂ´me, la tarte Ă  la praline et les bugnes, sortes de beignets consommĂ©s Ă  l'occasion de Mardi gras. On les dĂ©signe notamment sous le nom de « bugnes Ă  l'Ă©peron Â» Ă  cause de l'outil qui sert Ă  dĂ©couper la pâte ayant la forme d'un Ă©peron de cavalier82. On trouve aussi les chaudelets Ă  l'anis, «  petit gâteau (...) fait avec de la pâte de pain au lait, de l'anis, du raisin de Corinthe et du lait Â», selon Nizier du Puitspelu dans son dictionnaire le LittrĂ© de la Grand'CĂ´te83. La « galette au sucre Â» est une spĂ©cialitĂ© de la citĂ© mĂ©diĂ©vale de PĂ©rouges dans l'Ain84.

Les chocolats Voisin ont crée une friandise de pâte d'amande, les Coussins de Lyon. La maison Bernachon doit sa célébrité à ses chocolats et ses entremets au cacao. La papillote, petit chocolat plié dans un papier brillant, est la friandise traditionnelle des fêtes de Noël.

Pour finir, si la faim vous guette encore, les matefaims, ou matafans en parler lyonnais, dĂ©signent une sorte de crĂŞpe Ă©paisse. Ce nĂ©ologisme renvoie Ă  l'expression « mater la faim Â».

modifier Vins et autres boissons

Bouteilles de beaujolais nouveau

« Lyon est une ville arrosĂ©e par trois grands fleuves : le RhĂ´ne, la SaĂ´ne et le beaujolais, qui n'est jamais limoneux ni Ă  sec. Â» LĂ©on Daudet. Ces quelques mots de l'Ă©crivain rendent hommage au vin produit dans le vignoble du Beaujolais, cĂ©lèbre rĂ©gion viticole du nord de Lyon. Si aujourd'hui les vignobles sont parfaitement dĂ©limitĂ©s et les appellations sĂ©vèrement contrĂ´lĂ©es, il n'en est pas de mĂŞme selon les Ă©poques. DĂ©jĂ , Ă  l'Ă©poque romaine, on a mention des vins consommĂ©es dans la rĂ©gion, vins mĂ©diterranĂ©ens et gaulois. Au Moyen Ă‚ge, les vignobles sont aux portes de Lyon : la colline de Fourvière est couverte de vignes, ainsi que les pentes de l'actuel quartier de la Croix-Rousse ou les versants de la colline de Sainte-Foy-lès-Lyon85. DĂ©cimĂ©s par le phylloxĂ©ra au XIXe siècle et repoussĂ©s par l'urbanisation, les vignobles sont regroupĂ©s sur trois ensembles distincts : le Beaujolais, les Coteaux du Lyonnais et les Coteaux du RhĂ´ne. Dans les restaurants, le vin est servi dans le pot lyonnais d'une contenance de 46 cl. On demandera ainsi un « pot de CĂ´tes Â», pour un pot de CĂ´tes du RhĂ´ne, ou un « pot de Beaujolais Â».

Le beaujolais est un vin rouge essentiellement. Environ 1% de la production concerne le vin blanc ou le vin rosĂ©. Ce vin utilise exclusivement le cĂ©page Gamay. Il existe trois sortes de beaujolais : le beaujolais « simple Â» qui reprĂ©sente la plus grosse partie de la production et qui s'accommode avec tous les types de cuisine, le beaujolais village qui produit des vins prĂ©coces et très fruitĂ©s, et enfin les dix crus du Beaujolais : Brouilly, ChĂ©nas, Chiroubles, CĂ´te de Brouilly, Fleurie, JuliĂ©nas, Morgon, Moulin Ă  vent, RĂ©gniĂ© et Saint-Amour. Traditionnellement fruitĂ©s, la plupart des vins du Beaujolais se conservent entre deux et dix ans.

Le beaujolais nouveau est un vin primeur consommé tout de suite après la vinification. Il est connu et fêté mondialement le troisième jeudi du mois de novembre et suscite de nombreuses fêtes à minuit le jour de son arrivée, notamment lors de la fête des Sarmentelles à Beaujeu, capitale historique du Beaujolais et à Lyon.

L'appellation Coteaux du Lyonnais est créée en 1984. La région entre les localités de l'Arbresle et de Brignais produit un vin utilisant le même cépage que le beaujolais aux notes méditerranéennes plus prononcées.

Les cĂ´tes du RhĂ´ne couvrent une aire de près de 80 000 hectares86 et produisent diffĂ©rents vins parmi ceux que l'on trouve le plus frĂ©quemment Ă  Lyon, on peut citer pour les vins rouges, le CĂ´te RĂ´tie, le Crozes-hermitage, le Saint-Joseph et le Cornas, et pour les vins blancs, le Condrieu.

Mentionnons enfin une sorte de liqueur, la gentiane lyonnaise, prise en apéritif ou en digestif, ainsi que le vin de noix ou le vin de pêches de Vourles qui se consomment pendant le repas87.

modifier La cuisine lyonnaise dans la culture populaire

Par analogie avec les cuisinières, mentionnons une figure du folklore lyonnais, la « Mère Cottivet Â». C'est un personnage incarnĂ© par le comĂ©dien PĂ©rigot-Fouquier. Il a pour partenaire sa propre Ă©pouse qui incarne « Madame Craquelin Â». Ils sont connus pour leurs apparitions humoristiques sur la radio rĂ©gionale, puis Ă  la tĂ©lĂ©vision dans les annĂ©es 50 et 60. La Mère Cottivet use d'un pataquès pour dĂ©signer son adresse : elle dit habiter au « cent moin'un Â» (cent moins un) de la montĂ©e de la Grande CĂ´te oĂą il faut bien sĂ»r comprendre, au « quatre-vingt-dix-neuf Â». Son parler emploie de nombreuses rĂ©fĂ©rences Ă  la cuisine lyonnaise comme dans son expression qui clĂ´ture ses chroniques du mercredi : « Ă€ mecredi que vint mes belins belines Â». Nizier du Puitspelu, dans son dictionnaire du parler lyonnais, le LittrĂ© de la Grand'CĂ´te, indique que le terme « belin Â» dĂ©signe au sens premier un agneau et, par extension, s'applique volontiers aux enfants, comme dans l'exemple culinaire « Veux-tu une rĂ´tie de crasse de beurre, mon petit belin ? Â»88. Aujourd'hui, un restaurant de la rue Palais Grillet s'est baptisĂ© du nom de ce personnage89.

La bande dessinĂ©e fait rĂ©fĂ©rence Ă  la cuisine lyonnaise dans Le Tour de Gaule d'AstĂ©rix. Les Gaulois sont enfermĂ©s dans leur village par les Romains qui construisent une palissade. Par dĂ©fi envers le gĂ©nĂ©ral Lucius Fleurdelotus, ils font le pari d'entreprendre un tour de Gaule pour ramener des spĂ©cialitĂ©s culinaires de chaque rĂ©gion et de l'inviter Ă  un grand banquet final pour lui prouver qu'ils n'auront pas menti. Leur voyage mènent les deux guerriers AstĂ©rix et ObĂ©lix Ă  passer, entre autres, Ă  Lugdunum, aujourd'hui Lyon90. Le prĂ©fet Encorutilfaluquejelesus rĂ©unit ses collaborateurs pour les empĂŞcher de poursuivre leur pari. Une bulle montre un des habitants Gaulois ayant assistĂ© Ă  cette rĂ©union prĂ©venir un de ses compatriotes, Beaufix qui dĂ©cide d'aider les Gaulois : la ruse des habitants parvient Ă  perdre la garnison dans les ruelles, une allusion aux traboules. Les Gaulois se voient offrir des spĂ©cialitĂ©s lyonnaises quand ils quittent la ville : du saucisson et des quenelles. Le saucisson de Lugdunum apparait Ă  la fin de l'Ă©pisode quand ils font le dĂ©tail de ce qu'ils ont ramenĂ© de leur tour91.

modifier Bibliographie

  • Nizier du Puitspelu, Le LittrĂ© de la Grand'CĂ´te, Ă©ditions Jean HonorĂ©, 1980
  • Anne-Marie Gauthier, Recueil de la gastronomie lyonnaise, 80 recettes simples, Ă©ditions S.A.E.P., 1982, ISBN 2-7372-2111-0
  • FĂ©lix Benoit, Lyon secret, Ă©ditions des traboules, 1993, 214 p., ISBN 2-95050-37-3
  • François Casati-Brocher, La « gastronomie Â» de Berchoux et la rĂ©gion lyonnaise ou la salle Ă  manger refuge, Ă©ditions Bellier, 1994, ISBN 2-904547-31-2, 190 p.
  • Sylvie Girard, Christophe et Emmanuel Valentin, Lyonnais, Ă©ditions du Final, collection Cuisines rĂ©gionales de France, aoĂ»t 1994
  • Évelyne et Jean-Marc Boudou, Les Bonnes Recettes des Bouchons Lyonnais, Ă©dition Libris, 2003, ISBN 284799002X
  • Corinne Poirieux, Le guide des marchĂ©s de Lyon et ses environs, coĂ©dition des Ă©ditions lyonnaises d'art et d'histoire et de l'Association pour le dĂ©veloppement et la promotion des marchĂ©s, novembre 2006, ISBN 2-841471-81-0
  • Sonia Ezgulian, Carnet des mères lyonnaises, Ă©ditions StĂ©phane Bachès, 2007, ISBN 2-915266-58-0
  • Luc Vernay-Carron, Cuisine lyonnaise, Edisud, 2007, ISBN 2-7449-0649-7

modifier Notes et références

  1. ↑ Histoire brève de la gastronomie française
  2. ↑ Site Internet de l'Office du tourisme de Lyon
  3. ↑ Site Internet officiel du Grand Lyon
  4. ↑ Collectif, Lyon, capitale mondiale de la gastronomie ? in Rapport du groupe de travail du Grand Lyon, fĂ©vrier 2007, p. 13. Également disponible sur Internet
  5. ↑ Anne-Catherine Le Mer, Claire Chomer, Carte archéologique de la Gaule, Lyon 69/2, p. 222
  6. ↑ Félix Benoit, Lyon secret, éditions des traboules, 1993, p. 84
  7. ↑ François Rabelais, Gargantua, Le livre de Poche, 1969, p. 55
  8. ↑ Citation de François Rabelais in Félix Benoit, Lyon secret, éditions des traboules, 1993, p. 189
  9. ↑ Citation d'Érasme in Sylvie Girard, Christophe et Emmanuel Valentin, Lyonnais, collection « Cuisines rĂ©gionales de France Â», aoĂ»t 1994, p. 9
  10. ↑ Louis Maynard, Rues de Lyon, avec indications de ce qu'on peut y remarquer en les parcourant, Ă©ditions des traboules : « Rue de la Fromagerie : Le nom de cette rue provient de l'existence en ce lieu, autrefois, du marchĂ© aux fromages Â»
  11. ↑ Louis Maynard, Rues de Lyon, avec indications de ce qu'on peut y remarquer en les parcourant, Ă©ditions des traboules : « Rue de la Poulaillerie : (...) le marchĂ© de la volaille ayant Ă©tĂ© Ă©tabli en cette rue (...) le mot poulaille pour volaille se rencontre souvent dans les auteurs du XVIe siècle (...) Â»
  12. ↑ Louis Maynard, Rues de Lyon, avec indications de ce qu'on peut y remarquer en les parcourant, Ă©ditions des traboules : « Rue Mercière : Étymologiquement, cette dĂ©nomination a le sens de rue des Marchands (...) Â»
  13. ↑ Luc Vernay-Carron, Cuisine lyonnaise, Edisud, 2007, p. 5
  14. ↑ Félix Benoit, Lyon secret, éditions des traboules, 1993, p. 190
  15. ↑ Brillat-Savarin, Physiologie du goût
  16. ↑ Écrits gastronomiques, anthologie de textes de Grimod de la Reynière présentés par Jean-Claude Bonnet, éditions 10-18, 1978
  17. ↑ Collectif, Lyon, capitale mondiale de la gastronomie ? in Rapport du groupe de travail du Grand Lyon, fĂ©vrier 2007, p. 13. Également disponible sur Internet
  18. ↑ Félix Benoit, Lyon secret, éditions des traboules, 1993, p. 191
  19. ↑ Louis Gamichon, Quand Lyon s'amusait, éditions Bélier, 1995
  20. ↑ Poème de Joanny Carmouche in Félix Benoit, Lyon secret, éditions des traboules, 1993, p. 192
  21. ↑ Stendhal, Voyage à Lyon - Lyon, le 2 juin 1837, Christian Pirot éditeur, p. 90
  22. ↑ Collectif, Lyon, capitale mondiale de la gastronomie ? in Rapport du groupe de travail du Grand Lyon, fĂ©vrier 2007, pp. 12 Ă  16. Également disponible sur Internet
  23. ↑ Site de tourisme de la région Rhône-Alpes
  24. ↑ Obtention de la deuxième étoile
  25. ↑ Article du Progrès en ligne sur Internet du 23 avril 2008
  26. ↑ Marie Fauvet et P. Desamais, Quel signe officiel de qualitĂ© pour la crème et le beurre de Bresse ?, Lyon, ISARA, juillet 2000, 47 p.
  27. ↑ Jean Favier, De l'Or et des Ă©pices : naissance de l'homme d'affaires au Moyen âge, Fayard, Hachette LittĂ©ratures, coll. Pluriel Histoire, 1987, p. 65.
  28. ↑ Luc Vernay-Carron, Cuisine lyonnaise, Edisud, 2007, p. 6
  29. ↑ Thurins, capitale de la framboise
  30. ↑ Site officiel de l'AOC Châtaigne d'Ardèche
  31. ↑ Félix Benoit, Lyon secret, éditions des traboules, 1993, p. 197
  32. ↑ Jean-Marie Fonteneau, Meilleures recettes des bouchons de Lyon, éditions Ouest-France, 1998
  33. ↑ Le site des Lyonnais de Paris
  34. ↑ Office de Tourisme et des Congrès de Lyon
  35. ↑ Site Internet des Lyonnais de Paris
  36. ↑ Liste des authentiques bouchons et vue sur le logo
  37. ↑ Site du critique gastronomique Patrick Chazallet
  38. ↑ Le Cafetier, journal des cafetiers, restaurateurs et hôteliers romands
  39. ↑ Luc Vernay-Carron, Cuisine lyonnaise, Edisud, 2007, p. 5
  40. ↑ Site Internet de l'Office du tourisme de Lyon
  41. ↑ Sonia Ezgulian, Carnet des mères lyonnaises, éditions Stéphane Bachès, 2007, p. 15
  42. ↑<