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| Psychologie |
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| Approches et courants |
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Psychodynamique ⹠Humanisme ⹠Béhaviorisme ⹠Cognitivisme ⹠Neuropsychologie ⹠Psychanalyse |
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Psychologie sociale ⹠Psychologie clinique ⹠Psychologie cognitive ⹠Psychologie différentielle ⹠Psychanalyse de l'enfance |
| Concepts |
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Intelligence âą Cognition âą Motivation âą Ămotion âą PsychothĂ©rapie |
| Auteurs |
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Sigmund Freud ⹠Carl Gustav Jung ⹠Abraham Maslow ⹠Carl Rogers ⹠Jean Piaget ⹠Françoise Dolto ⹠Jacques Lacan ⹠Serge Lebovici ⹠Ivan Pavlov ⹠Burrhus F. Skinner ⹠Kurt Lewin ⹠Stanley Milgram ⹠Daniel Kahneman ⹠Herbert Simon |
| Voir aussi |
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La conscience est un processus cérébral (i.e. un ensemble d'activités neuronales)1 qui se traduit par la faculté mentale et subjective d'apercevoir les phénomÚnes, sa propre existence ou ses états émotionnels. Si je suis triste, heureux et que je me rends compte que je suis triste ou heureux, par exemple, je prends conscience de mes états affectifs.
Il ne faut pas confondre la conscience ainsi définie avec la conscience morale traitée plus bas dans cet article.
Sommaire |
modifier Introduction
Il est important de distinguer :
- la conscience en tant que phénomÚne mental lié à la perception et constructions mentales,
qui comprend :
- la conscience du monde qui est en relation avec la perception du monde extĂ©rieur, des ĂȘtres vivants douĂ©s ou non de conscience dans lâenvironnement et dans la sociĂ©tĂ© (autrui)
- la conscience de soi et de ce qui se passe dans lâesprit dâun individu : perceptions internes (corps propre), aspects de sa personnalitĂ© et de ses actes (identitĂ© du soi, opĂ©rations cognitives, attitudes propositionnelles).
Le terme conscience est donc susceptible de prendre plusieurs significations, selon le contexte.
modifier Conscience comme représentation du monde et des réactions à celui-ci
Ce premier sens indique une reprĂ©sentation, mĂȘme trĂšs simplifiĂ©e, du monde et des rĂ©actions par rapport Ă celui-ci. On parle alors de conscience du monde, en anglais awareness.
Câest celle qui est Ă©voquĂ©e dans des expressions comme perdre conscience, ou Ă l'inverse prendre conscience. Cette conscience-lĂ est considĂ©rĂ©e comme prĂ©sente chez les mammifĂšres.
Chez l'homme, les recherches récentes sur plusieurs périodes de l'histoire montrent l'importance du concept de représentation : Voir par exemple Georges Duby (sur le bas Moyen Age), Jean Delumeau (sur la Renaissance), et sur un plan plus épistémologique, les recherches de Michel Foucault relatives à l'épistémÚ. La psychologie sociale parle aussi de représentation sociale.
modifier Représentation de sa propre existence
La conscience est un fait au sens oĂč Descartes affirme dans les MĂ©ditations MĂ©taphysiques que "l'Ăąme est un rapport Ă soi". L'introspection de la conscience considĂšre ainsi le doute mĂ©thodique comme l'objet premier du rapport Ă soi.
Dans un sens plus individuel, la conscience peut aussi correspondre Ă une reprĂ©sentation, mĂȘme trĂšs simplifiĂ©e, de sa propre existence. On parle alors de conscience de soi, ou conscience rĂ©flexive, en anglais consciousness.
On lâattribue pour le moment essentiellement Ă lâhomme et aux grands singes anthropoĂŻdes comme le chimpanzĂ© et lâorang-outan. Il semble Ă©galement raisonnable de l'Ă©tendre aux dauphins et Ă©lĂ©phants qui disposent de capacitĂ©s cognitives et affectives avancĂ©es.
La conscience dans ce second sens implique celle du premier, puisque « se connaĂźtre » signifie nĂ©cessairement « se connaĂźtre dans ses rapports au monde » (y compris dâautres ĂȘtres potentiellement douĂ©s de conscience). L'inverse n'est en revanche pas vrai. Pour prendre un exemple limite, une boucle de commande comprenant un thermostat constitue une forme Ă©lĂ©mentaire de conscience du monde Ă laquelle rien n'incite Ă attribuer une conscience de soi.
modifier Relation entre la conscience de soi et la conscience du monde
La conscience de soi est bien illustrĂ©e en mĂ©decine, surtout au niveau individuel. C'est en effet une des fonctions vitales qui permet de rĂ©agir aux situations, de bouger et parler spontanĂ©ment. Plus gĂ©nĂ©ralement, lâĂ©tat de conscience (de la conscience pleine au coma profond) est dĂ©terminĂ© par lâĂ©tat neurologique du patient.
modifier Forme minimale de conscience du monde
Au niveau de la conscience du monde, les choses peuvent se montrer plus complexes, en impliquant un ensemble de phĂ©nomĂšnes liĂ©s au contexte sociologique, politique, Ă©conomique. Le degrĂ© minimal de conscience du monde semble celui oĂč on a tout simplement quelque chose Ă dire sur le monde (la philosophie ne sait dire quoi que ce soit pour le moment (2006) sur une conscience non observable par ses manifestations : Ce dont on ne peut parler, il faut le taire explique Wittgenstein, et pourtant, il y a bien lĂ un point important, essentiel de la philosophie, restĂ© obscur depuis toujours). Un simple capteur de prĂ©sence possĂšde un dĂ©but de reprĂ©sentation du monde (prĂ©sence, absence). Encore faut-il pour s'intĂ©grer dans un schĂ©ma de conscience que cette information soit utilisĂ©e en aval par quelque chose (dĂ©clencheur d'alarme, etc).
modifier Forme minimale de conscience de soi
La conscience de soi, comme la conscience du monde (René Dubos dirait « agir local / penser global ») n'est jamais complÚte. Une question qui s'en déduit - puisque toutes sont incomplÚtes - est « quel est le degré minimal de conscience de soi imaginable ? ». Descartes y répond par son célÚbre « Je pense, donc je suis ». Les sciences cognitives s'intéressent à détailler le sens opérationnel de cette phrase (voir Antonio Damasio, Daniel Dennett...).
On connaĂźt la formule de Socrate : « connais-toi toi mĂȘme », qui montre qu'une mauvaise connaissance de soi a un impact sur la connaissance du monde et rĂ©ciproquement - puisque nous faisons partie du monde. En fait, la conscience de soi dĂ©signe la conscience de phĂ©nomĂšnes particuliers reliĂ©s au concept de soi.
modifier La notion de culture
On pourrait aussi rapprocher la notion de conscience du monde de celle de culture, en tant que systÚme de représentation. Le mot culture est souvent perçu en langue française dans une acception individuelle avec une connotation « intellectuelle » (ce terme n'étant pas toujours perçu positivement), encore qu'il exite des sens collectifs : culture d'entreprise, culture française, culture de masse,...
En allemand, les deux sens sont donnés par des mots différents : Bildung et Kultur.
modifier Les aspects de la conscience
modifier Pluralité de manifestations
Outre les deux sens principaux dĂ©jĂ vus, le concept de conscience a de nombreux sens ou manifestations que lâon peut sâefforcer de distinguer, bien que dans certains cas ces diffĂ©rences soient surtout des diffĂ©rences de degrĂ©s :
- La conscience comme sensation : tout ĂȘtre douĂ© de sensibilitĂ© peut ĂȘtre dit conscient, dans la mesure oĂč il perçoit son environnement et rĂ©pond Ă des stimuli ;
- la conscience spontanĂ©e, sentiment intĂ©rieur immĂ©diat ; certains philosophes de lâAntiquitĂ© (par exemple les StoĂŻciens) parlent de toucher intĂ©rieur ;
- on peut distinguer une Ă©tape supĂ©rieure, en signifiant par le mot conscience un Ă©tat dâĂ©veil de lâorganisme, Ă©tat qui diffĂšre du prĂ©cĂ©dent par le fait quâil ne se rĂ©duit pas Ă la passivitĂ© de la sensibilitĂ© (cf. en anglais, le mot wakefulness, vigilance, alerte); en ce sens, il nây a pas de conscience dans lâĂ©tat de sommeil profond ou dans le coma ;
- Conscience de soi : la conscience est la prĂ©sence de lâesprit Ă lui-mĂȘme dans ses reprĂ©sentations, comme connaissance rĂ©flexive du sujet qui se sait percevant. Par cette prĂ©sence, un individu prend connaissance, par un sentiment ou une intuition intĂ©rieurs, dâĂ©tats psychiques quâil se rapporte Ă lui-mĂȘme en tant que sujet. Cette rĂ©flexivitĂ© renvoie Ă une unitĂ© problĂ©matique du moi et de la pensĂ©e, et Ă la croyance tout aussi problĂ©matique que nous sommes Ă lâorigine de nos actes ; ce dernier sens est une connaissance de notre Ă©tat conscient aux premiers sens. Le domaine dâapplication est assez imprĂ©cis et comporte des degrĂ©s : sâil sâagit dâune conscience claire et explicite, les enfants ne possĂšdent sans doute pas la conscience en ce sens ; sâil sâagit dâun degrĂ© moindre de conscience, dâune sorte dâĂ©veil Ă soi, alors non seulement les enfants peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme conscients, mais peut-ĂȘtre aussi certains animaux.
- un autre sens du mot conscience a Ă©tĂ© introduit par le philosophe Thomas Nagel : il sâagit de la conscience pour un ĂȘtre de ce que cela fait dâĂȘtre ce quâil est.
- la conscience comme conscience de quelque chose (conscience transitive, opposĂ©e Ă lâintransitivitĂ© du fait dâĂȘtre conscient). Cette conscience renvoie Ă lâexistence problĂ©matique du monde extĂ©rieur et Ă notre capacitĂ© de le connaĂźtre ;
- la conscience intellectuelle, intuition des essences ou des concepts.
- la conscience phénoménale, en tant que structure de notre expérience.
Dans lâensemble de ces distinctions, on peut noter une conception de la conscience comme savoir de soi et perception immĂ©diate de la pensĂ©e, et une autre comme sentiment de soi impliquant un sous-bassement obscur et un devenir conscient qui sont en gĂ©nĂ©ral exclus de la premiĂšre conception.
- la conscience morale, quant à elle, désigne le jugement moral de nos actions. Dans ce cas, la conscience nous permet de distinguer le bien du mal. Voir plus bas.
modifier Questions fondamentales liées à la conscience
Il existe de nombreuses thĂ©ories qui sâefforcent de rendre compte de ce phĂ©nomĂšne. Ă partir de ces thĂ©ories, on peut mettre en avant quelques groupes de questions fondamentales :
- Quelle est la nature de la conscience (et, par suite, son origine et son développement) ?
- Quelles sont ses caractéristiques ?
- Quel est son mode dâexistence ? Comment peut-elle exister Ă partir dâentitĂ©s non-conscientes ?
- Quelle est sa fonction ? A-t-elle une causalité propre et, si oui, de quelle nature ?
- Quelles relations la conscience entretient-elle avec les autres phénomÚnes de la réalité, physiques et mentaux ?
En rĂ©sumĂ©, il sâagit de dĂ©crire la conscience, de dĂ©couvrir sa cause et de dĂ©terminer son rĂŽle et sa valeur.
Ce sujet fait lâobjet des travaux de Daniel Dennett, Antonio Damasio et Jean-Pierre Changeux, ainsi que des sciences cognitives.
Le modĂšle du spectateur cartĂ©sien est remis en cause car, comme le fait remarquer Daniel Dennett, on ne peut expliquer la conscience par la conscience : expliquer exige que lâexplication ne fasse pas appel elle-mĂȘme Ă une comprĂ©hension de ce quâon souhaite justement expliquer (« To explain means to explain away »). En dâautres termes, on nâaura expliquĂ© la conscience que lorsque cela aura Ă©tĂ© fait en termes ne faisant pas intervenir le mot ni le concept de « conscience ». Sinon, on tombe dans un argument circulaire (voir lâarticle : sophismes).
Il semble que ces questions soient à mettre en rapport avec le cogito de Descartes, remis dans son contexte, et avec la notion de représentation du monde. Descartes conçut sa philosophie en réaction au modÚle géocentrique, incarné par les "aristotéliciens" et la scolastique décadente de son époque, et en fonction du modÚle héliocentrique qui émergeait avec les observations faites par Galilée (voir Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo, 1633).
modifier Disciplines concernées
Dans le langage courant, le concept de conscience peut ĂȘtre opposĂ© Ă lâinconscience, Ă lâinattention, Ă la distraction, au divertissement, etc.
En réalité, il existe un regard épistémologique sur la conscience, défendu entre autres par la sophrologie caycédienne, à savoir que la conscience est une force intégratrice de tout : l'inconscient, le subconscient et le conscient.
La psychanalyse parle d'inconscient qui peut ĂȘtre vu individuellement (conception de Freud), ou collectivement (conception de Carl Gustav Jung : inconscient collectif).
Outre la psychanalyse et la mĂ©decine, lâĂ©tude de la conscience concerne plusieurs disciplines, comme la psychologie, la psychiatrie, la philosophie de l'esprit et la philosophie de l'action. Elle est aussi liĂ©e au langage (verbal ou non), donc Ă la philosophie du langage.
modifier Histoire
La philosophie bouddhique Ă©tudie la conscience, vijñÄna et en analyse les diffĂ©rentes formes et fonctions. Il s'agit alors de l'un des constituants de la personne, skandhas, distinct de la perception, samjĂ±Ä ; cependant, si vijñÄna est traduit par conscience, et que le terme dĂ©signe bien une connaissance, le concept ne recouvre pas la conscience dans la pensĂ©e occidentale.
Il nâexiste aucun concept strictement comparable Ă celui de conscience dans la philosophie de la GrĂšce antique : l'ĂȘtre de ParmĂ©nide (voir ontologie) pourrait s'en rapprocher.
Chez certains auteurs romains, le mot latin prend une dimension morale dĂ©rivĂ©e du droit, exprimant le fait de se prendre soi-mĂȘme pour tĂ©moin.
Ce nâest quâau XVIIe siĂšcle que le terme devient un fondement de la rĂ©flexion sur lâesprit.
Le concept de conscience nâa Ă©tĂ© isolĂ© de sa signification morale quâĂ partir de John Locke, dans son Essai sur lâentendement humain. Avant lui le mot conscience nâa jamais le sens moderne. En particulier, Descartes ne lâemploie quasiment jamais en ce sens, bien quâil dĂ©finisse la pensĂ©e comme une conscience des opĂ©rations qui se produisent en nous (cf. les Principes de la philosophie, 1644).
Câest le traducteur de Locke, Pierre Coste, qui a introduit lâusage moderne du mot conscience (donc en français, mais le sens du mot consciousness Ă©tait bien sĂ»r tout aussi nouveau), associĂ© Ă lâidĂ©e dâun soi-mĂȘme dont la conscience exprime lâidentitĂ©.
modifier Caractéristiques de la conscience
La conscience présente certains traits caractéristiques :
- Le rapport au moi ;
- la subjectivitĂ© : la conscience que jâai de moi-mĂȘme est distincte de celle dâautrui ;
- la structure phénoménale ;
- la mémoire ;
- la disponibilitĂ©, ou libertĂ© de la conscience Ă lâĂ©gard des objets du monde ;
- la temporalité ;
- la sélectivité ;
- lâintentionnalitĂ© : toute conscience est conscience de quelque chose, est tournĂ©e vers autre chose quâelle-mĂȘme : « la conscience nâa pas de dedans, elle nâest rien que le dehors dâelle-mĂȘme. » (Sartre).
- lâunitĂ© ou synthĂšse de lâexpĂ©rience ;
modifier Conscience de soi
La conscience sâaccompagne de souvenirs, de sentiments, de sensations et de savoir que nous rapportons Ă une rĂ©alitĂ© intĂ©rieure que nous nommons moi. Cette conscience est appelĂ©e conscience de soi, et est structurĂ©e par la mĂ©moire et lâentendement. Elle est en ce sens une unitĂ© synthĂ©tique sous-jacente Ă tous nos comportements volontaires. Les Ă©lĂ©ments quâelle contient, souvenirs, sentiments, jugements, dĂ©pendent dâun contexte culturel, ce qui fait de la conscience de soi une rĂ©alitĂ© empirique changeante et multiple. LâunitĂ© et la permanence du moi ne sont donc pas garanties par lâunitĂ© de la conscience.
Le cogito cartĂ©sien ("je pense donc je suis") tend Ă exprimer l'Ă©tat de conscience de celui qui s'exprime. Autrement dit le sujet, disant "Je" exprime une conscience de lui-mĂȘme (Ego), en termes de savoir (raisonnement - entendement). Le "Je pense" est interactif. Il implique et nĂ©cessite, pour ĂȘtre exprimĂ©, la conscience de soi. La conclusion d'ĂȘtre pourrait dĂšs lors paraĂźtre redondante. Toutefois, elle vient exprimer l'Ă©tat et la relation sensitive. "Je pense donc je suis" peut donc se dĂ©cliner en "Je sais que je ressens donc j'existe".
modifier Le rapport en premiĂšre personne
Lâintrospection est la mĂ©thode dâinvestigation de la conscience qui vient gĂ©nĂ©ralement la premiĂšre Ă lâesprit. Câest un fait que nous pensons avoir un accĂšs privilĂ©giĂ© Ă notre esprit, accĂšs dont la conscience serait lâexpression. Mais lâinvestigation de notre vie mentale nâest certainement pas suffisante pour Ă©laborer une thĂ©orie de la conscience Ă©tendue : « on ne peut pas, disait Auguste Comte, se mettre Ă la fenĂȘtre pour se regarder passer dans la rue ». Le sujet ne peut en effet sâobserver objectivement puisquâil est Ă la fois lâobjet observĂ© et le sujet qui observe, dâautant que la conscience se modifie elle-mĂȘme en sâobservant. Toute psychologie impliquerait donc dâexaminer la conscience Ă la troisiĂšme personne, mĂȘme s'il faut alors se demander comment il est possible dâobserver ainsi la conscience de lâextĂ©rieur.
Le stade du miroir (se reconnaßtre dans un miroir) est souvent considéré comme un attribut essentiel de la conscience de soi, réservé à l'humain. Mais si ce stade est atteint vers l'ùge d'un an et demi-deux ans chez l'homme, certains chimpanzés expérimentés, certains autres grands singes, éléphants, dauphins, perroquets et pies, sont capables de se reconnaßtre dans un miroir, comme l'a montré le test du miroir en éthologie 2.
modifier Courant de conscience
LâidĂ©e de conscience de soi pose le problĂšme de lâunitĂ© dâun sujet, dâun moi ou dâune conscience. On peut trĂšs gĂ©nĂ©ralement distinguer deux types dâhypothĂšses :
- la conscience est lâexpression dâune unitĂ© interne â le je du je pense ; cette unitĂ© peut ĂȘtre comprise de diffĂ©rentes maniĂšres :
- la conscience nâest quâune liaison dâagrĂ©gats dâimpressions (Hume) qui peut ĂȘtre dĂ©crite comme une suite plus ou moins cohĂ©rente de rĂ©cits concernant un sujet purement virtuel â le moi. Aussi, « quand mes perceptions sont Ă©cartĂ©es pour un temps, comme par un sommeil tranquille, aussi longtemps je nâai plus conscience de moi et on peut dire vraiment que je nâexiste pas » (Hume, TraitĂ© de la nature humaine, I). Selon cette thĂšse, le moi est autre.
modifier Conscience du monde extérieur
Selon Husserl, qui reprend un concept mĂ©diĂ©val, toute conscience est conscience de quelque chose. Cela suppose que la conscience soit un effort dâattention qui se concentre autour dâun objet. Cette concentration est structurĂ©e par lâexpĂ©rience ou par des catĂ©gories a priori de lâentendement, structures que lâon considĂšre parfois comme les fondements de toute connaissance du monde extĂ©rieur. Dans lâidĂ©alisme moderne la conscience est ainsi la source et lâorigine de la science et de la philosophie.
modifier Structure phénoménale de la conscience
Ă la question de savoir quelles relations la conscience entretient avec la rĂ©alitĂ© en gĂ©nĂ©ral, une description phĂ©nomĂ©nologique rĂ©pond que celle-ci a une structure spatiale et temporelle, structure qui est une organisation des concepts qui concernent notre expĂ©rience du monde et nous-mĂȘmes en tant quâacteurs de ce monde.
modifier Conscience morale
Câest le sens premier du mot « conscience », que lâon trouve chez CicĂ©ron et Quintilien, et qui dans la langue française reste sans concurrence jusquâau XVIIe siĂšcle (voir plus haut â section histoire).
La conscience psychologique est souvent Ă©voquĂ©e comme une lumiĂšre, la conscience morale comme une voix : si la premiĂšre nous « Ă©claire », la seconde nous « parle ». La conscience morale dĂ©signe en effet le sentiment intĂ©rieur dâune norme du bien et du mal qui nous dit comment apprĂ©cier la valeur des conduites humaines, quâil sâagisse des nĂŽtres ou de celles dâautrui. Câest le dĂ©mon qui fit condamner Socrate.
Cette « voix » de la conscience, qui se fait entendre dans lâindividu est pourtant, selon Rousseau, la mĂȘme en tout homme. MalgrĂ© la diversitĂ© et la variabilitĂ© des mĆurs et des connaissances, elle est universelle : elle est en nous la voix de la nature, car « quoique toutes nos idĂ©es nous viennent du dehors, les sentiments qui les apprĂ©cient sont au-dedans de nous, et câest par eux seuls que nous connaissons la convenance ou disconvenance qui existe entre nous et les choses que nous devons respecter ou fuir » (Ămile, Livre IV). Tel un instinct, mais pourtant signe de notre libertĂ©, elle ne nous trompe jamais, pour peu quâon lâĂ©coute vraiment : « Conscience ! Conscience ! instinct divin, immortelle et cĂ©leste voix ; guide assurĂ© dâun ĂȘtre ignorant et bornĂ©, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends lâhomme semblable Ă Dieu, câest toi qui fais lâexcellence de sa nature et la moralitĂ© de ses actions ; sans toi je ne sens rien en moi qui mâĂ©lĂšve au-dessus des bĂȘtes, que le triste privilĂšge de mâĂ©garer dâerreurs en erreurs Ă lâaide dâun entendement sans rĂšgle et dâune raison sans principe » (ibid.).
Entendue ainsi, dit Alain, la conscience est « le savoir revenant sur lui-mĂȘme et prenant pour centre la personne humaine elle-mĂȘme, qui se met en demeure de dĂ©cider et de se juger. Ce mouvement intĂ©rieur est dans toute pensĂ©e ; car celui qui ne se dit pas finalement : « que dois-je penser ? » ne peut pas ĂȘtre dit penseur. La conscience est toujours implicitement morale ; et lâimmoralitĂ© consiste toujours Ă ne point vouloir penser quâon pense, et Ă ajourner le jugement intĂ©rieur. On nomme bien inconscients ceux qui ne se posent aucune question dâeux-mĂȘmes Ă eux-mĂȘmes » (DĂ©finitions, dans Les Arts et les Dieux).
Pour Alain, il nây a donc pas de morale sans dĂ©libĂ©ration, ni de dĂ©libĂ©ration sans conscience. Souvent la morale condamne, mais lorsquâelle approuve, câest encore au terme dâun examen de conscience, dâun retour sur soi de la conscience, de sorte que « toute la morale consiste Ă se savoir esprit », câest-Ă -dire « obligĂ© absolument » : câest la conscience et elle seule qui nous dit notre devoir.
La question demeure cependant de savoir quelle origine attribuer Ă la conscience morale. Car si pour Rousseau « les actes de la conscience ne sont pas des jugements, mais des sentiments »(ibid.), il nâen sera plus ainsi pour Kant, qui considĂ©rera au contraire la conscience morale comme lâexpression de la raison pratique â et encore moins pour Bergson, qui verra en elle le produit dâun conditionnement social, ou pour Freud, qui la situera comme lâhĂ©ritiĂšre directe du surmoi (Le Malaise dans la culture, VIII), instance pourtant en majeure partie inconsciente.
modifier Fonctions de la conscience
- RĂ©gulation du comportement et interface avec le monde extĂ©rieur : selon la thĂ©orie de lâaccess consciousness, lâĂ©tat de conscience est un accĂšs Ă une information susceptible dâĂȘtre utile Ă lâorganisme et de le guider. La conscience est donc un Ă©tat indĂ©pendant Ă la fois de ce que cela fait dâĂȘtre conscient de telle ou telle chose et de toute idĂ©e de structure phĂ©nomĂ©nale.
- Fonction sociales
modifier Les théories de la conscience
Les questions de savoir ce qui caractĂ©rise la conscience, quelles sont ses fonctions et quels rapports elle entretient avec elle-mĂȘme ne prĂ©jugent pas nĂ©cessairement du statut ontologique quâil est possible de lui donner. On peut par exemple considĂ©rer que la conscience est une partie de la rĂ©alitĂ© qui se manifeste dans des Ă©tats de conscience tout en Ă©tant plus quâune simple abstraction produite Ă partir de lâadjectif « conscient ». Cette thĂšse rĂ©aliste (au sens de la philosophie mĂ©diĂ©vale, voir RĂ©alisme et nominalisme) nâa plus beaucoup de dĂ©fenseurs de nos jours. Lâune des raisons est que lâinvestigation descriptive ne rend pas nĂ©cessaire ce genre dâhypothĂšses rĂ©alistes.
- La conscience s'Ă©tudie par ses manifestations. Une Ă©cole de pensĂ©e, le behaviorisme, se propose d'ailleurs de n'Ă©tudier que les manifestations elles-mĂȘmes, sans chercher Ă poser d'hypothĂšse d'une conscience sous-jacente et bien difficile Ă dĂ©finir.
- Dualisme
- Physicalisme
- La conscience du point de vue matérialiste : voir page de discussion.
- Lâapproche de Timothy Leary avec ses 8 circuits.
- Le principe d'auto-conscience, de conscience pure dont témoigne l'écrivain Stephen Jourdain.
- Autres théories cognitives (Douglas Hofstadter, Daniel Dennett, Antonio Damasio, Gerald Edelman, Giulio Tononi).
et mĂȘme des approches totalement physiques, comme celle de Jean-Pierre Changeux, selon lequel les percepts et les concepts constituent des entitĂ©s physiques se traduisant par des connexions physiques et logiques de neurones, quâil entend mettre en Ă©vidence; câest dĂ©jĂ le cas pour les percepts.
modifier Bibliographie
Par ordre alphabétique :
- Henri Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience
- Chalmers David, The Conscious Mind
- Antonio Damasio, Le sentiment mĂȘme de soi
- Antonio Damasio, Spinoza avait raison
- Delacour, Conscience et cerveau
- Daniel Dennett, La Conscience expliquée
- Descartes, Discours de la méthode
- Descartes, Méditations métaphysiques
- Descartes, les Principes de la philosophie
- Edelman, Tononi, Comment la matiĂšre devient conscience
- Edelman, Plus vaste que le ciel, 2004
- Laurent Fedi (2008). Piaget et la conscience morale. PUF, Paris. ISBN : 978-2-13-056725-7
- Kant, Critique de la raison pure
- Leibniz, Nouveaux essais sur lâentendement humain
- Locke, Essai sur lâentendement humain (en particulier le chapitre 27. Voir John Locke, IdentitĂ© et diffĂ©rence. Lâ invention de la conscience. PrĂ©sentĂ©, traduit et commentĂ© par Ătienne Balibar. Seuil, Paris, 1998. Voir aussi "IdentitĂ© et diffĂ©rence selon Etienne Balibar", par Françoise Badelon, in Multitudes, mis en ligne le 21 juin 2003)
- Spinoza, Ethique
- Rudolf Steiner, Philosophie de la liberté
modifier Notes
modifier Liens Externes
modifier Voir aussi
- Inconscient | Inconscient collectif | Psychologie
- Pensée | Perception | Esprit | Philosophie de l'esprit | | Existence | Sophrologie
- Science et conscience | Ăthique | Morale
- Immortalité
- Conscience dans le bouddhisme : voir VijñÄna
- Bicaméralité : théorie controversée autour de l'apparition de la conscience.
- Stade du miroir et test du miroir
| Théorie de la connaissance |
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